Livres Quelle infernale pestilence

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Livres Quelle infernale pestilence

Postby Peter » 24 Oct 2011 19:37

Quelle infernale pestilence
Toujours d'actualité


Friedrich Nietzsche - Extrait de 'Généalogie de la morale'.

Quelqu'un veut-il plonger un instant le regard dans le secret où se fabriquent les idéaux terrestres ?
Qui en a le courage ? ....Allons ! Ici l'on a vue sur cette ténébreuse officine. Attendez encore un instant Monsieur le Curieux et le Téméraire : que vos yeux s'accoutument à cette lumière fausse et chatoyante.... Bien, c'est assez ! Parlez maintenant ! Que se passe-t-il là-dedans ? Dites ce que vous voyez, homme de la curiosité la plus dangereuse - à présent c'est moi qui écoute....
- < Je ne vois rien, j'entends d'autant mieux. Ce sont des murmures, des chuchotements prudents et sournois venant de tous les coins et recoins. On ment, me semble-t-il; une douceur mielleuse englue chaque son. On veut faire passer la faiblesse pour du mérite, pas de doute - il en vas comme vous l'avez dit. >
- Après !
- < Et l'impuissance qui ne relève pas l'outrage, pour de la <bonté>; la bassesse la plus craintive pour de l'<humilité>; la soumission à ceux que l'on hait, pour de l'<obéissance> (notamment à l'égard de quelqu'un dont ils disent qu'il ordonne cette soumission - ils l'appellent Dieu). Ce qu'il y a d'inoffensif chez le faible, la lâcheté dont il est riche, le fait qu'il doit toujours faire antichambre, toujours attendre, s'appelle ici avantageusement <patience>, parfois même vertu; ne-pas-pouvoir-se-venger s'appelle ne-pas-vouloir-se-venger, peut-être même pardonner (< car ils ne savent pas ce qu' ils font - nous seuls savont ce qu'ils font ! >). On parle aussi d'<aimer ses propres ennemis> - et l'on transpire. >
- Après !
- < Ils sont misérables, cela ne fait pas de doute, tous ces marmotteurs, tous ces faux-monnayeurs, bien qu'ils se tiennent chaud les uns aux autres - mais ils me disent que leur misère est une élection et un signe de distinction qu'ils ont reçus de Dieu, peut-être cette misère est-elle aussi préparation, une épreuve, un apprentissage - peut-être bien davantage encore, quelque chose qui sera un jour compensé et remboursé avec d'énormes intérêts en or, non ! en bonheur. C'est ce qu'ils appelent la <béatitude>. >
- Après !
- < Ils ne sont pas seulement meilleurs, me donnent-ils à entendre à présent, que les maîtres de la terre, les puissants dont ils leur faut lécher les bottes ( non par crainte, pas du tout par crainte ! mais parce que Dieu ordonne qu'on se soumette à toute autorité ), ils ne sont pas seulement meilleurs, ils sont aussi <mieux lotis>, en tous cas ils seront mieux lotis un jour. En voilà assez ! Je n'y tiens plus . Quel air empesté ! Cette officine où l'on fabrique des idéaux - il me paraît qu'elle pue le mensonge. >
- Non ! Encore un instant ! Vous n'avez encore rien dit du chef-d'oeuvre de ces magiciens qui fabriquent la blancheur, le lait et l'innocence avec n'importe quel noir : - n'avez-vous pas remarqué la perfection de leur raffinement, leur tour de main le plus audacieux, le plus subtil, le plus spirituel, le plus mensonger ? Ecoutez-bien ! Ces animaux souterrains qui ne sont que vengeance et que haine, que font-ils justement de la vengeance et de la haine ? Avez-vous jamais entendu de tel mots ? A vous fier à leurs seules paroles, vous seriez-vous douté que vous étiez tout simplement parmi des hommes du ressentiments ?....
- < Je comprends, j'ouvre encore une fois les oreilles (aïe, aïe ! et je me bouche les narines). A présent, enfin, je comprend ce qu'ils ont dit tant de fois : < Nous les bons - nous sommes les justes > - ce qu'ils réclament, ils ne l'appellent pas représailles, ce n'est pas leur ennemi, non ! ils haïssent l'<injustice>, l'<impiété>; leur espoir, leur foi, ce n'est pas l'espoir de vengeance, l'ivresse de la douce vengeance (<plus douce que le miel>, l'appelait déjà Homère), mais la victoire de Dieu du Dieu juste sur les impies; ce qu'il leur reste à aimer au monde, ce ne sont pas leurs frères dans la haine, mais leurs <frères dans l'amour>, comme ils disent, tous les bons et les justes du monde. >
- Et comment appellent-ils ce qui leur sert de consolation dans toutes les souffrances de la vis - la fantasmagorie de leur anticipation de béatitude future ?
- < Comment donc ? Ai-je bien entendu ? Ils l'appellent <Jugement dernier> avènement de leur royaume, du <royaume de Dieu> - d'ici là , cependant, ils vivent <dans la foi>, <dans l'amour>, dans l'espérance>. >
- Assez ! Assez !
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