2015 - Interview d'auteure : Cathy Galliègue

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2015 - Interview d'auteure : Cathy Galliègue

Messagepar Terraburg » 06 Mai 2015 20:45

Interview d'auteure / écrivaine
Cathy Galliègue

05 mai 2015
1651


Vous même :
  • Parlez-nous un peu de vous, votre bio de manière succincte (Nom, pays, ....
    Cathy Galliègue est née en Picardie. Champs de betteraves et petites maisons en briquettes rouges, peupliers sur le chemin des écoliers, son imagination prolixe se développe dans ce décor sans relief. On la retrouve souvent allongée sur le sol, mâchouillant son capuchon de stylo, fabriquant sur le papier un monde plus beau. Et puis elle va s'élever vers les sommets arrondis du Haut-Jura, elle passera même la frontière et sur les bords du Léman, elle apprendra à parler couramment le vaudois mais à son rythme, tranquillement. Effectivement, il n'y avait pas le feu au lac. À cette époque, elle va devenir blogueuse par accident de rencontre. Et les nuits ne seront jamais assez longues. Écrire, encore, sur tout, partout. Et puis la vie parisienne. Drôle de vie. Elle n'aimait ni le métro ni la foule grouillante ni le bruit des klaxons. Mais une attachée de presse ne peut être que citadine et branchée. Alors elle court sur dix centimètres de talons de luxe, un énorme sac griffé à la main, deux téléphones au moins, elle boit des coupettes dans les soirée VIP... elle joue son rôle. Mais en douce et en pyjama pilou, elle écrit. Un jour, sait-on jamais... Et "La moitié de l'homme en noir" est né. "Et puisque l'écriture est une maladie chronique qui rend celui qui s'y adonne meilleur chaque jour, je ne veux surtout aucun acharnement thérapeutique" ajoute-t-elle, tout sourire.

  • Comment vous est venue l'idée d'être écrivaine / écrivain ?
    L’idée n’est pas venue, je crois que l’écriture a toujours été en moi. Je suis d’abord passée par la case « blog », et puis, encouragée par des lecteurs, je me suis lancée dans l’écriture de mon premier roman avec ce mélange de peur et d’envie, cette délicieuse trouille au ventre et parfois, la satisfaction d’avoir trouvé les mots justes.

  • Est-ce que cette activité dans votre vie a changé le comportement dans votre entourage ? (Par exemple une meilleure appréciation de votre personne, ou de la jalousie)
    Je n’ai reçu que des encouragements de mes proches. Je crois qu’ils étaient soulagés que je passe enfin à l’action après tant d’hésitation. Ensuite, il y a le phénomène de gavage qui pointe son nez, parce que quand on écrit, on passe beaucoup, beaucoup de temps sur le clavier, et sans doute autant de temps à ne plus partager le même monde que « les autres ».

  • Et votre propre comportement a évolué, changé ?
    Sans doute, oui. Je ne peux plus regarder un paysage, un visage, une expression… sans imaginer comment je le décrirais. Je vis un peu plus « dans ma tête ».

  • Une mauvaise expérience dans ce domaine ?
    Pas de mauvaise expérience à proprement parler. Mais je sais maintenant que quand une nuit, une idée magnifique surgit, il ne faut pas attendre le lendemain matin.

  • Maisons d'éditions : une mauvaise expérience ? un refus ?, vous remettez-vous en question en cas de refus ? Une révision du texte ?
    Aucune mauvaise expérience. Pas un mais des refus, c'est normal, ça fait partie du jeu. Je me remets en question si le refus est argumenté, et je continue de retravailler mon texte, toujours.

  • Quelles sont vos projets à termes (Court, moyen et long terme) ?
    L’édition de mon premier roman « La moitié de l’homme en noir » qui est en lecture dans différentes maisons, et l’écriture du suivant qui est en cours.

  • Est-ce que vous voudriez faire une carrière de cette activité ?
    J’en ai pris la décision. Peut-être est-ce une folie, mais je ne pouvais plus considérer cette activité comme un passe-temps. J’ai quitté mon emploi, je me consacre à l’écriture, et j’essaie de me boucher les oreilles quand on me dit que ce n’est pas raisonnable. Je ne suis pas raisonnable. Si je l’étais, je n’aurais rien à écrire. Et j’ai lu l’excellent bouquin de Martin Page « Manuel de survie et d’écriture » qui porte un regard assez juste sur les enjeux d’une telle décision. Je l’en remercie.

Au sujet de l'écriture proprement dite :
  • Que signifie être auteur pour vous ?
    Être lue et appréciée. Sans doute qu’alors je me sentirai auteure.

  • Dans quelles circonstances vient l'inspiration ?
    L’inspiration est une garce qui vient quand on ne l’attend pas. Elle fait ce qu’elle veut, elle joue avec nos nerfs, elle nous fait douter, la détester mais quand elle débarque, on l’adore.

  • Un lieu de prédilection pour écrire ?
    Mon chalet dans la forêt, assise en tailleur (très mauvaise posture pour le dos, à ne pas recommander), le regard vers la nature.

  • Lisez-vous vous-même ou évitez-vous de lire afin de ne pas vous inspirer d'autres auteurs ?
    Je lis beaucoup en m’efforçant de sortir de ma zone de confort, me frotter à des auteurs ou des genres inconnus, pour ne justement pas me laisser influencer.

  • A t'on besoin, pour le début de l’histoire de faits réels même si c'est une fiction ?
    Pour mes deux romans, je pars de faits ou de personnages qui ont existé ou existent. C’est un socle, une base, et ensuite je plante le décor, les personnages secondaires, une histoire. Ils deviennent tous très réels.

  • Que vous apporte l’écriture ?
    L’écriture est une remise en question perpétuelle. Ciseler, penser au lecteur avant tout, lire avec ses yeux, écrire, c’est penser à l’autre et l’embarquer.

  • Parmi vos écrits, le texte que vous préférez
    Un passage de La moitié de l’homme en noir:
    Te souviens-tu de ces tout premiers soirs, ceux des gestes élégants, des regards profonds, de ta délicatesse, te souviens-tu comme nous nous étions promis de ne pas être les pansements de nos blessures passées ?
Mon pauvre amour, au moment même où nous nous faisions cette promesse, tu étais déjà collé sur mon échancrure béante. Tu colmatais, tu protégeais, tu soulageais, j’en oubliais la plaie, je me laissais cicatriser doucement, en confiance entre tes mains expertes.
Tu ne t’en apercevais pas, mais tous ces bienfaits dégoulinaient de mon corps au tien, se répandaient sur tes blessures, je les voyais se refermer, chaque jour moins douloureuses que le précédent, tu lâchais du leste, je distillais des petites doses de bonheur sur tes écorchures, je soufflais sur le mal. Nous nous sommes délicieusement réparés.Ce qui se passait dans ta tête restait inaccessible. J’étais attendrie par ce mystère, cette sensibilité qui suintait de chacun de tes pores. 
Je ne voulais rien bousculer, ne pas gratter là où ça fait trop mal, juste être à l’écoute de tes yeux et apprendre à décrypter tes sourires.
Tu répondais à mes questions par des questions, une petite pirouette et on change de sujet. Ainsi, nous pouvions passer des nuits entières à parler sans que jamais tu ne dévoiles ce qui se passait réellement entre toi et la dizaine d’habitants qui peuplaient ta tête.
Tu vois comme j’ai été patiente ? Tu vois comme il faut aimer pour te suivre dans ton tempo, aussi pudiques avec les mots qu’impudiques avec nos corps livrés sans retenue à nos débordements charnels ?
Comment peux-tu me malmener avec autant de gentillesse et d’indifférence ? Comment peux-tu me laisser simplement attendre ce que l’on t’a appris à ne jamais laisser paraître ? 
Fous-moi la paix avec tes « Coucou » du bout du monde ! 
Laisse-moi juste avec mes souvenirs. 
Garde-le ton amour ! Bien au chaud, bien planqué ! Mets ton corps en danger chaque jour, mais surtout protège bien ton cœur de mes élans désespérés !
Alors, nom de Dieu ! Mon amour infernal, dis-moi que j’ai tort, dis-moi juste que tu n’as pas assez de mots pour tant d’amour. Dis-le et je te donnerai ma vie, j’accepterai la tienne... les tiennes.Sors de ton bocal, ouvre les vannes ! 
Je sais que ça bouillonne là-haut, je sais que derrière la façade si calme, c’est la tempête dans ton crâne. Si tu restes coincé là, tu vas boire la tasse de ta vie, te noyer dans ton propre jus et je ne pourrais rien pour toi !
Je commence à penser que le cœur s’est invité dans le cul. Et qu’il n’aurait pas dû.

  • Aimeriez-vous que vos livres soient adaptés au cinéma ou à la télévision ?
    Je pense qu’en effet, ce premier roman est assez cinématographique. J’ai eu des contacts en ce sens…à suivre.

  • Auriez-vous un conseil à donner à un jeune auteur ?
    Lire, lire beaucoup. Être humble, accepter les critiques, bonnes et mauvaises, ne pas laisser passer la médiocrité. Ne pas fulminer si les réponses des éditeurs sont négatives. Ils connaissent leur métier, ils savent. Nous, pas encore…

  • Si vous deviez dire simplement quelques mots de vous à un public, ce serait ?
    en équilibre sur les mots, je plane sur le dos…

  • Selon vous, une question devrait être ajoutée ?
    Peut-être qu’il serait intéressant de demander comment les auteurs reçoivent les refus, s’ils se remettent en question, s’ils revoient leur texte en conséquence.

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