2014 - ECOLO - l'interview d'Isabelle Samedi


2014 - ECOLO - l'interview d'Isabelle Samedi

Messagepar Terraburg » 22 Oct 2014 15:56

Ecolo - Interview d'Isabelle Samedi
22 Octobre 2014
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Vous même :
  • Parlez-nous un peu de vous, votre bio de manière succincte
    Trentenaire maman de trois garçons, active dans de nombreux projets citoyens depuis quelques années. Passionnée de jardinage, de photographie et de cuisine. Diplôme secondaire en poche, je commence à travailler dès l’âge de 18 ans, la plupart du temps comme employée.

  • D'ou vient votre engagement en politique ?
    Je me suis engagée début 2012, une épreuve de la vie qui m’a donnée envie d’aller plus loin, l’envie de changement, la conscience que l’on ne pouvait pas continuer comme cela à jouer avec la vie des gens sous le joug des mot compétitivité et croissance. La sensation que nous étions devenus esclave d’un système dirigé par des personnes vivants à 1000 lieux de la réalité du terrain.
    Je ne m’intéressais pas à la politique, je zappais, je râlais dans mon canapé en disant que ce n’était pas normal, et j’ai voulu agir, pour avoir un impact il faut participer à la politique.
    Mes convictions personnelles, la façon dont je vis m’ont poussé tout naturellement vers le parti le plus proche de ce que je suis : les Écologistes.
    Une citation également m’a fait réfléchir, et comme vous le constaterez elle n’est pas toute récente :« Le pire des analphabètes, c’est l’analphabète politique. Il n’écoute pas, ne parle pas, ne participe pas aux événements politiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix de haricots et du poisson, le prix de la farine, le loyer, le prix des souliers et des médicaments dépendent des décisions politiques. L’analphabète politique est si bête qu’il s’enorgueillit et gonfle la poitrine pour dire qu’il déteste la politique. Il ne sait pas, l’imbécile, que c’est son ignorance politique qui produit la prostituée, l’enfant de la rue, le voleur, le pire de tous les bandits et surtout le politicien malhonnête, menteur et corrompu, qui lèche les pieds des entreprises nationales et multinationales. »

    Bertolt Brecht, poète et dramaturge allemand (1898/1956) »

  • Quelles sont les valeurs qui vous portent, vous incitent à agir ?
    Mes valeurs sont l’humain et l’environnement, l’un ne va pas sans l’autre. Le bien être des uns est lié à l’autre également.
    • Le profit à tout prix sans foi ni loi, enfin si grâce aux lois ne devraient plus être permis.
    • La pression des lobbys sur les petites structures, sur notre santé.
    • La perception globale de ce qu’on est en train de faire de notre monde.
    • Les valeurs familiales, le temps passé ensemble.

  • Est-ce que cette activité dans votre vie a changé le comportement dans votre entourage ? (Par exemple une meilleure appréciation de votre personne, ou de la jalousie)
    Il y a eu diverses phases : incompréhension, surprise, fierté, peur, etc.
    Mon entourage a dû surtout s’adapter à des horaires de fous, à l’exigence de s’investir que ce soit en campagne électorale ou dans d’autres moments. A des coups de fil intempestifs, à des réunions qui n’en finissent pas, à des participations à de nombreuses manifestations.

  • Et votre propre comportement a évolué, changé ?
    L’engagement politique demande énormément de travail, de rencontre sur le terrain, de s’informer en permanence, de lire des tas de bouquins. Je suis plus exigeante avec moi-même, j’ai aussi plus confiance en moi, je peux prendre la parole en public, ma perception du monde et de la politique a très fort changé sans aucun doute.

  • Une mauvaise expérience dans ce domaine ?
    La mauvaise fût certainement le résultat des élections 2014 pour notre groupe. Pour ma part, j’ai fait un très beau score personnel pour une première participation à un scrutin tel que celui-là, et lorsque durant des mois on travaille d’arrache pieds, une défaite c’est dur.

  • Quelles sont vos projets à termes (Court, moyen et long terme) ?
      Actuellement retrouver un emploi, continuer à me consacrer au développement d’alternatives au sein de ma commune.


    • Est-ce que vous voudriez faire une carrière en politique ?
      Je n’ai pas d’ambition carriériste concernant la politique. Je ferai ce que je peux faire, en fonction du choix des citoyens et du parti.
      Et je reste persuadée que la politique ne devrait être qu’un passage, un moment de vie, en tout cas en terme de participation à un niveau de pouvoir, qu’il faut pouvoir garder les deux pieds bien ancrés dans la réalité. Et pour cela, il ne faut pas s’attarder. Trop de pouvoir perverti.

Politique proprement dit :
  • Estimez-vous le système communal belge assez fonctionnel pour une politique citoyenne, bref que ça fonctionne réellement ?
    Le système démocratique tel qu’en place actuellement permet à des partis de rester « maître » d’une commune durant des décennies, non je ne pense pas que ce soit sain. Et lorsque l’on est dans l’opposition au final on a les poings et pieds liés, on peut interpeller, voter contre des projets mais nous n’avons aucun pouvoir.

  • La politisation en Wallonie est extrême; il semble que les partis s'en accommodent, voir en profitent. N'est-ce pas là la cause de désintérêt des citoyens ?
    Le citoyen ne vote pas pour l’intérêt général, il vote par rapport à sa propre carte géographique, par rapport à ses propres intérêts.
    Peu de citoyens lisent les programmes et les compare, bien trop peu.
    Ils votent pour machin qu’ils connaissent, truc qui a fait ça pour sa fille, ou bidule qui est bien foutue (cela est véridique et vérifié par des études sérieuses). Et donc en terme de projet politique on est nulle part. On n’avance pas, les mêmes sont encore et toujours en place dans les hautes sphères et le citoyen trinque.

  • Sciences et soin de santé :
    • A l'heure actuelle, on en arrive à du n'importe quoi avec la science, sous prétexte de corriger certains problèmes, de fournir des solutions à des faux problèmes. Une providence pour les industries pharmaceutiques et la recherche médicale. Mais le profit pour les citoyens ? Car il faut être de plus en plus riche pour s'offrir le progrès. Votre sentiment sur le coût du 'progrès' ?
      Je nuancerais cette phrase « on en arrive à n’importe quoi avec la science ».
      Fort heureusement la science est composée de plusieurs réseaux, et des scientifiques travaillent toujours d’arrache pieds à un mieux vivre pour tous.
      Ce qui est problématique ce sont effectivement les lobbys pharmaceutiques qui décident ou non de l’exploitation d’un traitement, de ce qui est important ou non.
      Ce qui me pose un problème c’est plutôt l’acharnement thérapeutique, le fait de faire ingurgiter un tas de traitement à des patients qu’on sait condamnés, le fait que les gens vivent plus longtemps mais dans quel état de santé ?
      La science si elle était au service des citoyens, de l’humain, serait une richesse incalculable mais les recherches scientifiques actuelles sont des moteurs à fric, et ce sont des actionnaires qui décident si oui ou non, un médicament, un traitement a lieu d’être produit tout cela ne concernant toujours que l’enrichissement financier de quelques-uns.
  • On parle beaucoup d'emplois 'sociaux'. N'est-ce pas dualiser la société ? Des emplois réels pour une partie, et des emplois de seconde zone pour les autres. Est-ce votre vision d'une société équitable ?
    Emplois sociaux ? Ce terme ne me parle pas.
    L’emploi a toujours été quelque part classé par palier, les gens ayant fait des études, et d’autre pas etc.
    Est-ce cela ma vision d’une société équitable ? Non certainement pas, maintenant qui appose cette étiquette d’emploi social ? Mais ma vision du travail et de cette société de production/capitaliste n’est de toute façon pas en accord avec l’importance que l’on donne à l’emploi.

  • Le système de libération conditionnelle ne fonctionne pas très bien. Quelles en seraient les causes, selon vous ?
    Un manque de moyens humains pour accompagner correctement les détenus ayant envie de se réinsérer, et clairement la crise économique ne facilite pas la tâche.


  • Politique étrangère :
    • Israël, puissance nucléaire. Est-il raisonnable d'accepter qu'Israël possède l'arme nucléaire ?
      Ce pays est assez arrogant et agressif. Une parité nucléaire/ sans nucléaire n'est-elle pas préférable avec les pays voisins, y compris l'Iran ? Votre sentiment sur cette question ?

      Si on commençait par régler nos propres problèmes avec les armes nucléaires stockées en Belgique ?
      Je n’ai pas d’avis sur ce que devrait ou pas faire Israël ou l’Iran

    • La belgique envoie ses troupes et autres F16 humanitaires un peu partout. Votre avis à ce sujet.
      La Belgique fait partie de l’Europe et a des impératifs en terme d’aide en cas de conflit. Il serait bon que l’on aide plus qu’on ne fasse la guerre. Et qu’on le fasse de façon constructive.
  • Si vous pouviez changer une seule chose, ce serait ?
    Que plus jamais une seule personne ne meure de faim en 2014.

  • Si vous deviez dire un mot de vous à un public, ce serait ?
    Ensemble.

  • Selon vous, une question devrait être ajoutée ?
    Votre réponse

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