La guerre sanguinaire contre le terrorisme

Les mondes fantastiques

La guerre sanguinaire contre le terrorisme

Messagepar Aventia » 14 Nov 2011 19:34

ou l'anneau ne peut être utilisé pour faire le bien (éditorial publié sur Tinuviel.ch le 20 janvier 2004)

L'élite libérale et conservatrice a présenté la guerre contre le terrorisme menée par G.W. Bush comme une sorte de croisade du Bien contre le Mal. Ils ont même essayé d'utiliser J.R.R. Tolkien de manière posthume en ce sens. La coalition menée par les Etats-Unis fut comparée avec "l'union des peuples libres", laquelle vaincra Sauron à la fin du deuxième age - c'est-à-dire les Talibans et Bin Laden… ou encore Saddam Hussein, par exemple.

En fait, cette comparaison est boiteuse et induit en erreur. Le caractère principal de la trilogie de Tolkien n'est pas une personne, mais un objet: l'anneau. On peut se demander ce que symbolise cet anneau et où le retrouvons-nous dans le monde actuel ? L'anneau représente la puissance absolue. Son possesseur, cependant, devient irresponsable, un esclave de l'anneau, sa personnalité est détruite peu à peu et il perd son libre arbitre.

D'une part l'anneau rend son possesseur tout puissant, d'autre part il le pervertira complètement. En fait, l'anneau ne donne que l'illusion de régner sur le monde et la société. Tolkien lui-même n'aurait probablement pris aucune position dans la guerre actuelle contre le terrorisme. Il n'y a pas de doute qu'il aurait eu de la difficulté à se rallier au "nouvel ordre mondial" tel qu'il est apparu à la fin de la guerre froide.

Frodo poursuivit par les cavaliers noirs est tellement effrayé qu'il met l'anneau à son doigt afin de leur échapper. Toutefois, au lieu de devenir invisible, il est révélé aux cavaliers noirs, l'anneau appartenant à la même puissance maléfique qu'eux-même. L'esprit de Tolkien serait probablement en accord avec le concept suivant: quand une nation, bien que convaincue de la justesse de son action, utilise une arme de terreur, elle est possédée par la même force maléfique qu'elle essaye de combattre dans son adversaire.

Tolkien fut choqué par la guerre. Le 23 octobre 1944, il écrivit: "Je viens d'aller à l'extérieur, regardant vers le haut, le bruit était assourdissant: j'ai vu la plus grande armada volant à travers le ciel. Cette horreur nous affecte qu'importe l'endroit, le temps s'arrêtant un moment, toute le monde en prenant conscience, mais bientôt tout ceci sera oublié… Si ce n'était pas un blasphème, on pourrait réagir par ces mots : "Père, pardonne leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font" - ou disent. Et je suis certain que Dieu est blessé plus par nos agissements les uns contre les autres, que ce que nous commettons contre Lui ou Son Fils."

Il considérait Adolf Hitler comme un "violent petit ignorant", qui ruina, défigura et pervertit le noble esprit nordique, celui-ci pourtant ayant contribué à la richesse de l'Europe, cet esprit qu'il avait adoré et essayé de présenter conformément à la vérité. Il fut secoué d'un rire profond et amer lorsqu'il entendit parler de "Josef Staline, ce meurtrier avide de sang, invitant toutes les nations à s'unir dans une famille heureuse, contribuant ainsi à faire disparaître la tyrannie et l'intolérance."

On pourrait croire que Tolkien s'opposait aux régimes totalitaires, alors qu'il considérerait la démocratie comme la forme parfaite de gouvernement. En fait, il était un adhérant très fier de la monarchie anglaise et critiquait même le système démocratique de manière véhémente: "Dans la démocratie, l'humilité et l'égalité sont des valeurs spirituelles qui sont déviées, stéréotypées et formatées, avec le résultat qu'on n'accède pas à un bonheur universelle ou à de l'abnégation, mais on recherche la grandeur universelle et la popularité, jusqu'à ce qu'un orque quelconc retrouve l'anneau de puissance, - et alors, nous deviendrons tous ses esclaves." Au sujet de la bombe atomique, il écrivit: "Mordor est encore très présent. Je dois malheureusement constater que le nuage de poussière s'élevant à l'horizon ne témoigne pas de la chute de Barad-dûr, mais a été produit par les alliés, - tout au moins par des personnes qui ont décidé d'utiliser l'anneau pour leurs propres intérêts, bien sur en se referant au Bien."

Il est clair dès le début que l'anneau ne peut être utilisé contre l'ennemi. L'anneau "est maléfique" - explique le seigneur élfique Elrond. Sa force est considérable, seuls ceux qui possèdent une encore plus grande puissance en leur coeur peuvent lui imposer leur propre volonté et lui résister un certain temps. Mais également pour ceux-ci, il représente un danger mortel. Déjà le désir de le posséder pervertit le coeur le plus pur. Aucun des sages ne doit utiliser l'anneau afin de renverser le seigneur de Mordor, il prendrait place sur le trône de Sauron, voudrait faire le bien, mais bientôt le monde serait dominé par un nouveau seigneur ténébreux. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'anneau doit être détruit: il est un danger pour les sages. Elrond, Galadriel et Gandalf l'ont reconnu, tandis que Saruman a sous-estimé le danger.

Une puissance ne peut être vaincue simplement en changeant la personne à la tête du système, que ce soit par des moyens légaux ou par la violence; en fait, c'est le système lui-même qui permet de dominer les autres humains et par conséquent qui doit être réformé ou éliminé, de telle manière que cet instrument ne soit plus disponible pour faire le mal. Le but de Frodo dans "le seigneur des anneaux " est de détruire l'anneau, non pas de le cacher ou encore de le confier à quelqu'un de "bien et sage". L'anneau en lui-même étant maléfique, toute activité qui sera en premier lieu conduite contre le Mal se retournera toujours contre le possesseur comme un boomerang, que celui-ci le veuille ou non.

Tolkien lui-même souligne que l'on est toujours convaincu d'avoir choisi le bon partis. Il ne croit pas qu'une bonne cause justifie des moyens de terreur, pas plus qu'un bon moyen puisse sauver une fin désastreuse. Si le Mal n'était qu'une absence de Bien, l'anneau par exemple ne serait pas autre chose qu'un amplificateur psychique, il ne pervertirait pas son possesseur, et tout ce que l'on devrait faire après que l'ait déposé, serait de se régénérer par de pures pensées. En Terres du milieu, nous pouvons être sur qu'il constitue un danger mortel. Si le Mal n'était qu'une puissance externe haïssable sans écho dans un coeur pur, n'importe qui aurait pu porter l'anneau et le jeter dans les feux du Mont du Destin, ce ne devait pas nécessairement être Frodo; Gandalf aurait pu s'en charger, mais ses ennemis s'y attendaient et ses amis ne lui feraient plus confiance, comme Gandalf d'ailleurs n'aurait plus confiance en lui-même.

Tolkien ou ses personnages de roman ont souvent été critiqué, car ils ne semblent diviser le monde qu'en noir / blanc ou bon / méchant. Il n'y aurait pas de zone grise. Mais cela n'est pas vrai: Tolkien en tant que chrétien pense que le Bien et le Mal existent séparément et en même temps il savait qu'en tout être humain, il y a une part de bon et de mauvais. Des hommes de bien agissent mal parfois et des hommes cruels peuvent s'améliorer. Le héros dans le "seigneur des anneaux" faillera d'accomplir sa mission et ne trouvera pas assez de force en lui afin de détruire l'anneau; celui-ci ne tombera dans les feux du Mont du Destin qu'indirectement, grace au fait que Frodo dans le passé aura été compatissant envers Gollum. D'autre part, Gollum au contact de Frodo devient repentant et parfois se trouve presque sur la voie de la guérison.
Evidement, cela ne signifie pas que l'on puisse toujours choisir entre deux alternatives, pas plus que ce choix soit facile. "Dans la guerre," écrit Tolkien, "le gaspillage n'est pas seulement matériel, mais également moral et spirituel, et touche tous ceux qui doivent l'endurer."

Tout de même, Tolkien n'était pas un pacifiste, car ces gens-là n'expliquent pas les raisons de la guerre. "Tout les objets et agissements", dit-il, "ont une valeur par eux-même, en dehors de la cause et de l'effet. Aucun humain ne peut vraiment évaluer ce qui se passe dans l'actuel sub specie aeternitatis. Tout ce que nous savons, et ce par notre propre expérience, est que le Mal est une puissance redoutable à travers les temps - toutefois sans succès, car il ne prépare que le sol et quelque chose d'inattendu en pousse."

Dans la perspective du "seigneur des anneaux", ce sont pas les guerres qui décident du destin du monde. Bien sur, les batailles sont importantes. Mais elles ne sont pas décisives. Même si les bons les gagnent, ils n'ont aucune relevance sans le succès de la mission de Frodo. Le destin du seigneur ténébreux ne s'accomplit que par la destruction plus ou moins par chance de l'anneau. Une telle fin, inattendue, appartient à la croyance profonde de Tolkien. Afin de définir ce concept, il inventa le mot "eucatastrophe": il désigne un renversement heureux d'une situation déseperée, ceci déclenchera euphorie et larmes. Il produit cette réaction, car nous lançons à ce moment-là un regard plein d'espoir vers l'avenir, comme c'est le cas pour les personnes ayant jeté un regard dans le miroir de Galadriel. La Nature est un enchaînement de causes matérielles et d'effets, la chaîne de la mort cependant peut-être brisée et nous vivons alors un soulagement intense, comme si un membre amputé aurait repoussé. Le monde fonctionne vraiment selon ce principe: destruction et reconstruction sont des processus constant et la vie resurgit de la mort.

Si vous croyez à de tels concepts, vous n'adhérerez pas à un nationalisme agressif, ni à un pacifisme couard. Lorsqu'on a l'espoir que le monde se développe selon un grand plan, on se doit de juger chaque agissement de manière globale et ainsi l'on ne tombera pas dans l'incertitude. Selon Tolkien, les humains sont responsables de leurs agissements devant Dieu, ils doivent suivre ses lois - bien que les lois humaines soient autres - s'il veulent atteindre quoi que ce soit en ce monde. Parfois l'on doit être capable de changer notre conviction et même de remettre en question l'autorité régissant notre vie, si celle-ci nous demande d'agir contre notre conscience. Ce fut le cas de Luthien Tinuviel qui ignora les ordres de son père, le roi.

C'est ainsi qu'apparaît le combat actuel contre le terrorisme comme une guerre pour la possession de l'anneau et non pas une guerre afin de le détruire. Ni G.W. Bush, ni les membres d'Al-Quaida ne se battent pour la liberté; tous ne font la guerre que pour renforcer leur puissance. On ne peut demander de choisir l'un ou l'autre des partis, on ne peut que se demander si les paisibles petites gens des pays en guerre trouveront un gîte. Disons que la seule position acceptable est celle de Fangorn: "Je ne suis du coté de personne, car personne n'est de mon coté, si vous voyez ce que je veux dire… Et il y a des choses, naturellement au coté desquelles je ne suis pas; globalement, je suis contre eux."
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Re: La guerre sanguinaire contre le terrorisme

Messagepar Invité » 14 Nov 2011 19:35

Tolkien est un spectateur doué...
Mais peut être ne regarde t il pas assez loin...
Dans son monde il n'y a pas de place pour le choix non plus... seulement pour un sens du devoir et de l'urgence plus "humain"...
Tous sont victimes... et il n'y a aucun vrai acteur tout était déjà décidé.
Alors que faire.... ?
Je n'attend pas une réponse à cette question pour m'éclairer ou pour éclairer les autres.
Mais pour comprendre l'étendue de vos pensées à vous.
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Re: La guerre sanguinaire contre le terrorisme

Messagepar Aventia » 14 Nov 2011 19:36

Tout est deja décidé ? oui et non... La disharmonie qu'à apporté Melkor dans le chant des Ainur a faussé les dès, pourrait-on dire. Les chrétiens vous diront que vous avez le choix. Mais quel choix ! Entre la voie de Dieu / Iluvatar et l'enfer / la damnation, si l'on n'obéis pas... Faire le bien se reduirait donc à un reflexe pavlovien ?

Dans l'athmosphère du "Seigneur des Anneaux", tout n'est pas joué d'avance, mais beaucoup est forcé. J'avais mentionné le concept d' "Eucatastrophe", typiquement tolkenien, il s'agit là la marque d'un croyant, d'un chrétien. La situation est des plus desespérée, mais il y aura un retournement inattendu... cela génère en nous joie et bonheur... Dieu / Iluvatar / les Valar etc. s'occupent de nous.
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Re: La guerre sanguinaire contre le terrorisme

Messagepar Invité » 14 Nov 2011 19:36

Bref le libre arbitre n'en est pas vraiment un... on fait ce que l'on est pour la continuité du cycle... avec des variations mineures... justes les formes qui changent.
C'est épuisant.... c'est vain.......
L'eucatastrophe est un thème récurent... mais peut être a t il été apporté par Tolkien... je ne saurai dire je manque cruellement de culture.
Mais je sais que l'eucatastrophe est un thème qui vit dans l'inconscient de beaucoup, beaucoup de gens...
Peut être qu'une histoire ou Sauron l'emporte apporterait quelque chose de nouveau et différent...
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Re: La guerre sanguinaire contre le terrorisme

Messagepar Aventia » 14 Nov 2011 19:38

J'ai tenté à plusieurs reprises de me mettre à la place de Melkor, de Sauron ou d'une de ses créatures... en particulier Adûnaphel dont je relate l'histoire dans la partie anglaise de l'auberge. Si on prend leur place, l'histoire prend une toute autre dimension, beaucoup plus philosophique que religieuse, voir même anarchique.
Sauron fut le serviteur d'Aulë et il vit de ses yeux comment son maitre fut humilié par Iluvatar lorsqu'il osa créer les nains. Il ne resista pas au beau discours de Melkor, tout comme les Balrogs - ces esprits de feu - y succombèrent. Melkor venait à point, n'acceptant pas le dictat d'Iluvatar et de ses "laquais", en particulier de Manwë et Varda. Il etait le plus puissant, le plus imaginatif, l'esprit le plus independant... Dans son esprit, Arda - la Terre - lui aurait dû être confié et non à ces être sans saveurs, d'après lui bien sur. Il s'alliera à differents être qui pourront le servir, entre autres Ungoliant dont il perdra le controle et Sauron qui lui survivra et deviendra en quelque sorte son heritier spirituel. Le vrai nom de Sauron fut Gorthaur, sur Numenor - auprès des humains - il portera le nom d'Annatar, le "dispensateur". Il savait être séduisant, comme un ange déchu peut l'être s'il le désire. Adunaphel, princesse de Numenor, comme beaucoup d'autres à l'époque, tombèrent sous son charme. Elle fut l'un de premiers à recevoir un anneau de pouvoir et devint le seul Nazgul féminin. Sa destinée fut des plus tragiques. Elle agissait de manière machiavélique, poussée par le désir de voir les humains de Numenor dominer sur les autres hommes. Elle devint la noire reine d'Umbar, commandant à des pirates, s'attaquant à Gondor qu'elle considerait comme sien. Elle n'avait que peu de sympathie pour les Valar, ne comprenant pas qu'ils laissaient le monde dans la souffrance - en fin de compte, Melkor avait raison, ce ne sont que des jardiniers, des egoistes. Cela nous amène à la question classique: comment un Dieu d'Amour peut-il créer un monde aussi cruel ? Adunaphel ne reçut pas de reponse satisfaisante et pris le mauvais chemin. Le fait de séparer le Mal de l'Intention est très récent, date sans doute du XVIIIème siècle. La nature n'est pas mauvaise, car elle n'a pas l'intention de faire du mal. Les terroristes sont mauvais, car ils planifient leurs actions. Adunaphel fut incapable de faire cette difference, comme beaucoup de gens supersticieux de tout les temps. Definir le Mal est très difficile, on risque d'exclure certaines formes, tout en incluant d'autres alors que des nuances sont necessaires. Ni Melkor, ni Sauron, ni Adunaphel n'etaient "mauvais" à l'origine. Ce qu'ils ne pouvaient supporter est que leur revolte était vaine.
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Re: La guerre sanguinaire contre le terrorisme

Messagepar Invité » 14 Nov 2011 19:38

Est il possible d'en avoir une version française ? mes notions d'anglais ne me permettraient pas de comprendre les nuances...

Il est vrai que Morgoth et Sauron sont des esprits supérieurs...
Vivre dans un univers sans vrai égal est lourd...
Mais leur défaut est leur égo ... il est dommage que ces êtres se perdent dans des complexes si basiques.
Se mettre dans leur peau est une expérience interessante mais qui peut mener loin.
La violence de leurs émotions est forte... très forte.
Comment avez vous réagi face aux masses inertes, face aux "inférieurs" ?
Comment avez vous geré votre perception aigue de leur profonde médiocrité ?
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Re: La guerre sanguinaire contre le terrorisme

Messagepar Aventia » 14 Nov 2011 19:39

Oui, pour une âme de comedienne, ce genre d'expérience peut même être dangereux. Vous vous identifiez completement au personnage, car ses questions sont egalement les votres. Il y a des moments dans la vie, en particulier dans l'adolescence, où il suffirait d'une étincelle, d'un contact, d'une amitié, pour que l'on devienne anarchiste, voir même terroriste. Sauron a rencontré Adûnaphel peu après que la jeune princesse ait vécu la guerre, suivant son frère dans de lointaines contrées; elle fit connaissance avec la souffrance de ce monde et, amer, retourna chez elle, s'apercevant que les sages n'avaient pas de réponse à ses questions. Une bonne histoire est toujours quand vous y mélanger un peu de vécu... tout à coup, vous vous apercevez que vous n'êtes plus en train d'écrire la suite du roman de Tolkien, mais qu'îl s'agit d'une auto-biographie... Il s'agit là d'émotions très intenses... l'injustice en ce monde, les souffrances, la faim, la mort... Les chrétiens vous diront qu'il s'agit de la manifestation de la lutte entre Satan et Dieu. Pourtant, même avec versets de la Bible à l'appuis, cette explication ne satisfait guère. Tout à coup vous vous demandez "mais quelle est ma mission sur cette terre?" Si je ne ai pas, ce n'est pas la peine de vivre. Si vous avez des enfants, une famille, vous trouverez toujours une motivation. Mais que se passe-t'il, comme dans le cas d'Adunaphel, quand vos proches vous quittent ? Elle n'avait que mépris pour les autres humains, qui vivaient simples et heureux, alors qu'elle etait tourmentée par tant de questions existencielles. Ceci pour vous repondre... elle n'a pas eu de pitié pour eux. C'est là où s'arrête mon identification au personnage, car je ne peux qu'observer le monde tel qu'il est, essayer d'y apporter un peu de soulagement, dans mon entourage immediat, jamais cela ne se developpe dans un mépris d'autrui. Toujours, je cherche le dialogue, tandis qu'Adunaphel s'est refermée sur elle-même... aujourd'hui on dirait sans doute qu'elle était agarophobe. L'anneau de pouvoir aura amplifié les emotions qu'elle portait deja en elle. Je traduirais son histoire en français sous peu. Il ne s'agit que d'une esquisse à developper.
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Re: La guerre sanguinaire contre le terrorisme

Messagepar Invité » 14 Nov 2011 19:41

Comédienne, biologiste... et j'en passe... quelle richesse...
Je connais moi même les transformations mentales... même si je ne puis pas prétendre au statut de comédienne, même si j'ai commencé des cours de théâtre. Je comprends mieux la position d'Adunaphel que la vôtre...
Sa mission sur terre... ? je suis heureuse de ne pas avoir ce complexe...
Mais je dois reconnaître que sans but.... l'âme crie pour vivre quelque chose.
Iriez vous plus loin si vous aviez le sentiment de pouvoir boulverser l'ordre établi depuis que l'homme est homme... même si le prix est lourd ?
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Re: La guerre sanguinaire contre le terrorisme

Messagepar Aventia » 14 Nov 2011 19:42

araignee mecanique a écrit:Je comprends mieux la position d'Adunaphel que la vôtre...
Iriez vous plus loin si vous aviez le sentiment de pouvoir boulverser l'ordre établi depuis que l'homme est homme... même si le prix est lourd ?

Disons qu’à la base, les données sont les mêmes : nous nous révoltons face à la misère du monde et à la passivité des dirigeants. L’un prendra un chemin plus radicale que l’autre, croyant être impuissant face au système. C’est celui des révolutionnaires armés, des terroristes. Il est certain qu’il y a eu des cas où le système était tellement sclérosé qu’il était impossible de le reformer, autrefois dans la Russie tsariste ou en Amérique centrale par exemple. Lénine et Castro ont pris ce chemin. Mais il doit rester exceptionnel. Il faut d’abord utiliser les moyens que nous donne le système. Dans une société démocratique, cela signifie se « battre » verbalement pour ses idées : Cedant arma togae, concedat laurea linguae ! ("Que les armes le cèdent à la toge, les lauriers à l'éloquence !" [Ciceron]). C'est-à-dire : Que le pouvoir militaire, représenté par l'épée, fasse place au pouvoir civil, représenté par la toge. Je ne suis ni guerrière, ni politicienne... Il y a moyen de modifier le système de l’intérieur, il faut avoir de la force de caractère et beaucoup de patience. Gorbatchow a pris ce chemin là. Ce genre de réformes, de l’intérieur, sont les plus efficaces et les plus durables, mais rapportent - bien sur - moins de gloire.
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Re: La guerre sanguinaire contre le terrorisme

Messagepar Invité » 14 Nov 2011 19:43

Enfait, je ne pensais à aucune de ces possibilités...
Mais à quelque chose de différent...
Ce sont des lois naturelles qui régissent l'Homme dans son ensemble et bien peu voient au delà... moins encore cherchent...
Comment vous y prenez vous pour modifier le système de l'intérieur ?
Pouvez vous réussir à limiter les folies économiques et à rendre à l'immense majorité des pays défavorisés un peu de ce qu'on leur ôte ?
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Re: La guerre sanguinaire contre le terrorisme

Messagepar Aventia » 14 Nov 2011 19:43

Les lois naturelles… oui, cela est une autre possibilité. Les scénarios catastrophiques ne manquent pas. La mauvaise répartition des richesses rendra les pays du tiers-monde de plus en plus agressifs. Qui les blâmerait ? Même le Pape Jean-Paul II a considéré ce problème comme le plus grand défis du XXIème siècle. D’autre part, l’humain est le seul être vivant qui adapte la nature à ses besoins et non le contraire. Cela peut constituer soit un chemin évolutif sans issus, soit un chemin tout tracé vers la catastrophe écologique. Les problèmes étaient amplifiés dans les années ’90, ils sont banalisés aujourd’hui. Enfin, le problème démographique semble nous échapper, l’optimisme n’est pas de mise. Tout le monde sait que dans un système fermé comme l’est notre planète, une croissance incontrôlée mène à la disparition de la dite espèce. Les lois de la nature sont parfois implacables, mais l’humain semble ne pas trop se faire de soucis, pourquoi cela ? Nous sommes intelligents, mais également très égoïstes… « après moi, le déluge. » Ce ne sera pas notre société des petits plaisirs égoïstes qui arrangera les choses. L’Egoïsme est le grand démon de notre temps et il est très difficile à abattre.
Vous me demandez comment changer le système de l’intérieur… En l’infiltrant. Mes ancêtres étaient des bourgeois de Schaffhouse, ils ont agit sous tout les régimes pendant presque 200 ans. Du temps des familles patriciennes (jusqu’à l’entrée de Napoléon en Suisse), ils se sont alliés aux autres familles (celles de Berne, de Zürich et de Bâle), tout en gardant un grand contrôle sur leur territoire. Ces alliances étaient garants de l’indépendance de notre enclave. Nos paysans étaient heureux, ils n’avaient pas eu besoin d’une révolte pour acquérir leur droit à une vie digne d’un être humain, comme ce fut le cas partout ailleurs. Puis, notre région fut dépeuplée au temps de l’industrialisation. Le peuple souffrait terriblement au XIXème siècle. Mes ancêtres, riches comme Cressus, ont alors acquis le contrôle d’une banque et d’une brasserie (tout deux existent encore !) et s’opposèrent au matador local qui portait le nom d’Esher, un grand industriel. Aujourd’hui encore, vous pouvez «admirer» sa statue à la sortie de la gare centrale de Zürich, en fait un dictateur à l’époque, contrôlant toute l’économie de la région (son usine existe également encore: Esher-Wyss). La conséquence de ces affrontements fut la création du parti libéral (FDP), ceux-là même qui contribuèrent de manière décisive à l’établissement de la constitution démocratique de 1848. Ils avaient ainsi infiltré un système sclérosé, rendu leurs droits au peuple. Bien sur, vous pourrez dire que c’était un minimum, mais je peux vous assurer qu’il s’agissait là d’un travail de taupe très ardu. Après ce temps-là, ma famille perdit son influence sur l’histoire de notre pays; aujourd’hui, nous cultivons des vignes… et le nom de mes ancêtres n’est pas retenu dans les livres d’histoires présentés aux écoliers, celui d’Esher par contre oui. La gloire n’est pas ce qu’ils recherchaient et c’est pourquoi je suis fier d’eux, même si parfois ils étaient d’affreux bourgeois.
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Re: La guerre sanguinaire contre le terrorisme

Messagepar Invité » 14 Nov 2011 19:44

Sourire, vous me faites rêver...
Mais par lois naturelles j'entendais simplement les instincts animaux qui dominent encore l'humain, tel l'égoïsme que vous citez à juste titre comme le Fléau.
Mais il est vrai aussi que nous allons au devant d'une catastrophe écologique...
La societé Humaine a t elle jamais été capable de se projeter dans le futur ? et de construire autre chose que l'immédiate necessité ?
Ou bien il y a t il simplement trop d'argent en jeux pour que l'on suive une voie vivable...
Peut être faudrait il nous débarasser de tous ces consortiums économiques qui dirigent la planète.
Ressources et énergies... voici probablement les seules choses qui existent à leurs yeux.
Même le genre humain ne doit exister que dans ces deux catégories...
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