Funambules par Guillemette Allard-Bares

Le roman Fiction"Une fiction est une histoire fondée plus souvent sur des faits imaginaires que sur des faits réels. Les personnages qui y sont décrits sont dits « personnages fictifs »1. Une œuvre de fiction peut être orale ou écrite, du domaine de la littérature, du cinéma, du théâtre ou de l'audiovisuel (la radio et la télévision, voire d'autres formes qui se développent sur internet)."


Funambules par Guillemette Allard-Bares

Messagepar Guillemette Allard-Bares » 11 Déc 2015 16:02

Funambules
par Guillemette Allard-Bares

Image


sur Amazon

Résumé


Kathleen, Lola et Aurélie sont colocataires. Au jour le jour, elles partagent leurs joies, leurs émois et leurs peines. Et puis la tragédie frappe, un soir dʼhiver où le père de Kath se tue en voiture. Face au deuil qui lʼisole du monde extérieur, ses proches doivent retrouver le chemin jusquʼà elle. En parallèle, Lola et Aurélie voient naître entre elles des sentiments nouveaux, qui dépassent de loin lʼamitié… Face à de tels bouleversements, lʼéquilibre est un art bien difficile. Mais cʼest la vie qui prime, et les trois jeunes filles, un pas après lʼautre, sʼefforcent dʼavancer.


Quelques extraits…


Elles étaient arrivées en bord de fleuve. Là où, toujours, elle était venue avec son père. Un coup de poing, au ventre et au cœur. L’eau noire et luisante de reflets était la même. La ville ne connaissait pas l’absence ; les éléments non plus.
Des cycles sans fin. Des ciels changeants mais toujours les mêmes, loin au-dessus des têtes, hors d’atteinte. Entre elle et le monde, un immense espace vide.
« Pourquoi tu m’amènes ici ? cracha-t-elle.
— Parce que moi aussi, il me manque. »
Elle ne chancelait qu’à l’intérieur, son corps était droit, glacé, indifférent. « Tu mens. Tu me mens.
— Il m’emmenait aussi ici, avant. La force du fleuve, c’était tout lui. Cela l’attirait trop pour qu’il puisse rester à distance.
— Il disait qu’il aimait l’eau la nuit, surtout la nuit. Il plaisantait en affirmant qu’on allait nous prendre pour deux suicidaires. » Sa voix s’étrangla. Son agitation intérieure commençait à déborder.
Sa mère lui serrait le bras à lui faire mal. « Je sais. Je sais. »


***


Elles s’appliquèrent à ne pas faire de bruit — des petites souris dans l’entrée, des voleuses, des complices. Aurélie faillit faire tomber son sac et Lola lui adressa un « Chut ! » péremptoire. Elles avancèrent avec circonspection.
« Bon, murmura Lola dans le dos d’Aurélie. Eh bien… bonne nuit, princesse. J’ai vraiment adoré passer cette soirée avec toi. Je te sors à nouveau quand tu veux », plaisanta-t-elle avec une légèreté de surface.
Aurélie se retourna.
Elles se fixèrent des yeux, incertaines. Leur proximité étaient relative, normale. Les lumières de l’entrée, qu’elles avaient oubliées derrière elles, jetaient des ombres sur leurs visages. L’instant était suspendu.
« Merci », dit Aurélie.
Ce fut elle qui s’avança, ne laissant entre elles qu’un pas. Un espace infime et frémissant.
Les lèvres de Lola effleurèrent les siennes comme l’aurait fait un souffle, délicat et aérien, impossible à capturer.
Guillemette Allard-Bares
 
Messages: 5
Enregistré le: 30 Oct 2015 22:25
Genre: Femme

Retourner vers Romans Fiction

 


  • Articles en relation
    Réponses
    Vus
    Dernier message

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 0 invités