Dire " STOP" au TABAC

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Dire " STOP" au TABAC

Messagepar Sandrine-Laure Rebillet » 26 Avr 2015 16:11

Dire " STOP" au TABAC

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Je m'appelle Sandrine-Laure Rebillet. je viens de publier chez BoD un livre : REGARDE TOI ... Je ne veux pas mourir
dont voici un extrait :
Le lundi, je rencontre l’addictologue … Nous parlons de mon histoire d’amour avec le tabac, je n’ai plus le choix que d’arrêter de fumer. Après son départ, on me fait mettre un patch. Je parle également avec le psychologue, enfin non je ne lui parle pas, je l’engueule.
Je suis fatiguée, j’ai peur, et ce grand type chauve me parle comme si j’étais débile. Il me demande si je suis en train selon moi de faire une crise de manque.
Je me lève comme une furie, j’attrape mes cigarettes, je sors de la chambre en lui lançant :
« Elle ne va pas durer longtemps ma crise mon pote ! ». Je suis furieuse.
Il m’interpelle dans le couloir, je l’assassine d’un regard noir en lui montrant mon majeur tendu. Dans l’ascenseur, j’ai déjà honte.
Je prends un café long sucré au distributeur et je sors allumer ma fichue clope. Ma première Winston longue depuis le samedi soir à la ferme. Je prends une première bouffée, je tousse comme une perdue, j’ai mal aux bronches, je l’écrase dans le cendrier.
Je remonte dans ma chambre. Une petite blonde qui est en train de faire mon lit sursaute, elle me dit :
« C’est vous qui avez fait un doigt d’honneur au psy ? ». Elle est pliée de rire.
Je me marre aussi. Quelle honte ! Je me dis que c’est d’une classe folle de faire un tel geste…
Le mardi matin, je rencontre le pneumologue. Il m’explique de façon plus précise la BPCO, programme un scanner et m’ausculte. Je respire mal.
Mathieu est au petit soin, il est adorable, il se met en quatre pour me faire plaisir et apaiser mes inquiétudes. Une seule ombre à ce tableau idyllique : Sa chère amie Josiane, qui, par je ne sais quel bruit de couloir le sait seul le soir et le harcèle pour qu’il partage ses repas.
Il me rassure à chaque instant et me répète son amour.
Le mercredi, l’infirmière m’annonce que je vais devoir subir une bronchoscopie. Je m’affole un peu, elle m’administre un calmant.
Les assistantes du Docteur L. viennent me chercher, elles me mettent en confiance, m’expliquent que c’est un acte un peu pénible mais que tout va bien se passer.
La bronchoscopie consiste à passer une petite caméra dans une narine, et descendre dans les bronches afin d’en déterminer l’état, elle souvent accompagnée d’une biopsie.
Le premier passage est vain et particulièrement pénible pour moi, j’ai oublié de préciser au praticien que j’ai eu le nez cassé. Il change de narine et tout se passe au mieux. Quand il termine, je saigne du nez et je crache le sang. Je m’en excuse auprès de lui, et pour la première fois je le vois sourire.
Il caresse ma main :
« Ne vous excusez pas, vous avez été très courageuse, une fois de retour dans votre chambre, essayez de vous reposer un peu, c’est un examen éprouvant ».
J’ai envie de pleurer. Parfois je me laisse envahir par la peur, je me pose mille et une questions.
Le jeudi, c’est le scanner, et quand l’infirmière me fait une injection, je m’effondre, je laisse éclater mon chagrin. Elle me console, je prends sa main, je lui confie mes appréhensions, ma fatigue, mes enfants qui me manquent, je vide mon cœur. De mon moment d’égarement va naître entre elle et moi une grande tendresse et une précieuse complicité. C’est cela aussi la vie à l’hôpital…

Je suis donc atteinte de BPCO. Cette maladie, propre aux fumeurs sera en 2020 la 3 ème de mortalité en France.De puis le 18 décembre 2015, je ne fume plus et ça ne me manque pas. Je compense mon addiction à la nicotine avec une cigarette électronique. la nicotine rend accro, c'est le goudron et l'amoniaque contenus dans les cigarettes qui brulent les poumons et les voix respiratoires. On ne guérit jamais de la BPCO, on en meurt. Il est juste possible de ralentir les ravages de la maladie en stoppant définitivement le tabac et en adoptant une discipline de fer.
la sensation d'étouffer que j'éprouve en permanence est terrifiante. C'est un combat de tous les jours.
je vous invite à lire mon livre , et à me poser toutes les questions que vous vous posez.
A très bientôt
Sandrine-Laure Rebillet
 
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Enregistré le: 26 Avr 2015 15:32
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