Discussions Courage, résistons. Au nom de la démocratie.


Discussions Courage, résistons. Au nom de la démocratie.

Messagepar Fatoumata Sidibe » 25 Oct 2013 17:28

Courage, résistons.
Au nom de la démocratie.


Courage, résistons. Au nom de la démocratie.Au nom de toutes les femmes.

Ces derniers mois, la question de l’immixtion du religieux dans l’espace public est revenue avec plus d’acuité : première élue voilée au Parlement bruxellois, recommandation du service du personnel du ministère de la Justice visant à autoriser le port de signes religieux à ses fonctionnaires, projets d’accommodements raisonnables, contestations en justice, multiplications des procès, manifestations en chaîne contre l’interdiction des signes religieux ostentatoires dans les écoles. Le voile est sur toutes les lèvres. La Belgique nage en plein délire à peine voilé.

Depuis de nombreuses années, les tenants de l’interdiction d’interdire - certaines féministes laïques qui veulent confiner les femmes musulmanes dans un statut parce que ce serait leur choix, une certaine gauche prête à tolérer l’intolérable au prétexte de ne pas stigmatiser des populations défavorisées, des formations politiques qui se disputent le titre de champion du communautarisme dans la course au succès électoral, une minorité d’agitateurs et d’activistes autoproclamés leaders de leur communauté - refusent d’entendre les appels au secours des jeunes filles, des éducateurs, enseignants.

A l’école, la résistance démocratique gagne du terrain

Elles étaient une soixantaine de jeunes filles (sur cent cinquante) à avoir repris le chemin de l’Athénée royal d’Anvers, les cheveux aux vents, délivrées du joug de la pression morale. En septembre de cette année, souvenons-nous, élèves et associations manifestaient devant l’école pour dénoncer la mesure prise par la directrice - qui pourtant avait tenu bon, au nom de la tolérance et de l’ouverture - de ne plus autoriser le port du voile au sein de son établissement. Mais la tolérance à des limites que la démocratie ne peut ignorer. Aussi face au prosélytisme, pressions de plus en plus nombreuses exercées sur celles qui ne portent pas le voile, face à la remise en question de la mixité dans les activités parascolaires, la négociation du contenu de certains cours, le couperet du bons sens est tombé. Quelques mois après, le calme semble revenu et des jeunes filles osent dire combien elles sont soulagées d’échapper aux pressions de leur famille, clan, père, frère, imam, etc. Sur le terrain, 95 % des écoles tous réseaux confondus interdisent le port du voile. Si ces interdictions ont donné lieu à des protestations, manifestations et débats plus ou moins houleux, force est de constater que, dans la grande majorité des cas, cette interdiction a été bien acceptée par les parents et leurs filles. En outre, malgré les menaces et les craintes, on n’a pas assisté à une prolifération d’écoles islamiques. Au grand dam d’une minorité d’agitateurs qui crient au racisme, à l’intolérance, à la discrimination, à l’impérialisme culturel. L’autonomie décisionnelle laissée à chaque établissement scolaire a montré ses limites sur le terrain. Le conseil de l’Enseignement de la communauté flamande et la Province du Hainaut ont déjà décrété que leurs écoles seront désormais sans voile. En communauté française, on décide toujours de ne pas décider. Pour l’heure. Car on ne s’en sortira plus avec des « ni, ni ». L’interdiction des signes d’appartenance religieuse ou philosophique dans les écoles est une urgence.

Féministes de tout le pays, unissons-nous !.

Certaines féministes dénoncent l’instrumentalisation qui est faite de l’émancipation des femmes pour interdire le voile à l’école. Elles devraient néanmoins témoigner de plus de solidarité envers les nombreuses femmes musulmanes dans le monde qui corrèlent combat contre les intégrismes religieux et promotion de la laïcité et qui savent que la tolérance mal comprise peut vite devenir intolérable pour leurs droits fondamentaux. Oui, certains laxismes sonnent comme des glas pour ces femmes qui se battent dans le monde contre la polygamie, la lapidation, la répudiation, l’excision et les crimes dits d’honneur, qui sont descendues dans la rue pour dénoncer l’intégrisme, qui ont risqué leur vie pour lutter contre les lois répressives de leurs pays et qui voient avec horreur se reproduire sous leurs yeux la même histoire que celle qu’ils ont fuie.
Dans les pays totalitaires islamiques, le voile est perçu comme un instrument d’oppression de la femme. Rappelons-le, dans ces pays là, les résistantes sont celles qui refusent de porter le voile. Autoriser le voile sans l’inscrire dans un cadre juridique qui pose des balises, c’est accepter la progression de l’intégrisme, c’est donner aux islamistes le signal que leurs thèses totalitaires progressent dans nos démocraties. C’est leur montrer que notre capacité de résistance est élastique, que d’abandons en reculades, nos valeurs démocratiques régressent. Banaliser le voile, c’est nous désolidariser de toutes celles qui sont contraintes et qui subissent des violences. Que les filles et femmes le portent par attachement culturel, conviction religieuse, ou parce qu’on leur interdit de le porter n’enlève rien à la signification politique de ce voile sacralisé par les islamistes et imposé via un prosélytisme d’illuminés. Si ce voile est porté comme signe de respectabilité, du marquage des filles, de la séparation entre les vertueuses et les autres, quelle injure, quel mépris alors pour toutes celles qui ne le portent pas ! Et l’on s’étonne que dans certains quartiers, les femmes soient contraintes de porter le voile pour être respectables et respectées. Serions-nous toutes contraintes un jour de le porter, pour des raisons de sécurité ? Pour échapper à la vindicte islamiste ? Dans certains quartiers certaines filles n’ont d’autre choix que de se voiler ou de faire attention à leur vêture pour ne pas subir les injures et le mépris de certains mâles auxquels on a appris que la vertu d’une femme est proportionnelle à la quantité de tissu qui la recouvre.
Ceux et celles qui invoquent la liberté religieuse et de conscience soutiendraient-ils que des petites filles de six à douze ans ont la capacité de poser de tels actes en toute conscience ? Est-ce discriminatoire de protéger une gamine contre ceux qui l’enferment dans un devoir de décence en la soustrayant aux regards concupiscents des mâles et en l’obligeant à intérioriser les codes de l’oppression? Celles et ceux qui pensent que l’on peut à la fois défendre le droit de porter le voile ou de ne pas le porter pêchent par naïveté, par cynisme ou par calcul.

Pour un vivre ensemble démocratique.

Tout en travaillant sur les causes du repli identitaire, en luttant contre le racisme, les discriminations, le chômage, la dégradation des quartiers et en préservant les spécificités culturelles, faisons clairement le choix de l’interculturalisme et non du multiculturalisme, de la cohésion et non du fractionnement, de la citoyenneté et non du communautarisme. Soyons fermes face à ceux qui voudraient faire croire que les prescrits - supposés religieux – sont plus importants que l’éducation, l'accès à l'emploi, l’émancipation. Se serait faire injure aux femmes musulmanes que de penser que porter le voile et s’y accrocher est leur plus grande conquête. Libres à celles qui le souhaitent de le porter dans la rue et dans la sphère privée mais il est de la responsabilité des politiques de protéger les mineures et les plus faibles, de garantir la liberté et l’égalité nécessaires à l’épanouissement de chaque élève. De même les parlementaires, personnes en charge de fonctions exécutives, les prestataires de service public devraient afficher une neutralité d’apparence en s’abstenant du port ostentatoire de signes convictionnels. Il ne s’agit pas d’une offensive contre les religions. Il s’agit de remettre les religions à leur juste place c’est-à-dire dans la sphère privée, de faire le choix d’une société qui ne se fractionne pas en fonction des particularismes mais qui s’unit sur l’universel. Posons des actes sereinement, avant qu’il n’y ait une paranoïa collective. N’ayons pas peur de nos valeurs fondamentales. La loi du pays prime sur la loi religieuse. Nous devons résister. Au nom de la démocratie. Au nom de l’égalité hommes/femmes. Celle-ci n’est pas négociable.


Fatoumata SIDIBE
21 janvier 2010
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